Le réseau ferroviaire saoudien table sur le secteur privé pour son expansion

AFP, mardi 21 septembre 2004,

Classement géographique :

RYAD, 21 sept (AFP)

Le gouvernement de Ryad projette d’étendre à tout le pays le réseau ferroviaire saoudien, actuellement limité à une unique ligne reliant en quatre heures la capitale à la côte est du pays, un projet ambitieux de plusieurs milliards de dollars censé être financé par le secteur privé.

A 18h00 dans l’unique gare de Ryad —une heure d’affluence partout dans le monde—, pas plus de 20 personnes, y compris les employés, ne sont présents.

Si cette gare moderne est désertée, ce n’est pas en raison d’une grève, mais parce que le dernier train pour Dammam, la province orientale, est parti il y a plus deux heures, alors que le prochain départ n’est pas attendu avant trois heures.

"D’habitude, beaucoup de gens sont dans les parages lorsqu’il y a un train", souligne un Pakistanais, un chauffeur de taxi qui vient de se disputer un client avec un collègue dans la station de taxis quasi déserte.

Quatre trains pour passagers seulement opèrent quotidiennement à partir de cette gare à six quais et à une seule voie dans le vaste désert du royaume.

En 2003, ces trains ont transporté près de 900.000 passagers entre la capitale, qui compte quatre millions d’habitants, et la province orientale riche en pétrole.

Selon le président de l’Organisme des chemins de fer saoudiens (SRO), Khaled al-Yahya, le nombre de passagers a augmenté de 25% en trois ans, alors que celui du fret s’est accru de plus de 33%, passant à deux millions de tonnes.

La seule voie ferrée sert essentiellement de liaison entre le port du roi Abdel Aziz sur le Golfe et la capitale. Durant la dernière année du calendrier islamique, les trains de marchandises ont transporté près de 120.000 conteneurs, selon M. Yahya.

Ces trains traversent les 450 kilomètres en quatre heures. Selon M. Yahia, les trains en Arabie "occupent le troisième rang en Asie en terme de vitesse".

Mais le SRO a des plans ambitieux pour doter le royaume, presque quatre fois plus vaste que la France, d’un réseau ferroviaire reliant le principales cités éparpillées à travers l’immense désert.

"L’économie saoudienne figure parmi les 25 plus importantes au monde. Mais en ce qui concere le réseau ferroviaire, et compte tenu de sa superficie et son taux de croissance démographique, le royaume occupe la 70ème place", selon M. Yahya.

Un tronçon de 950 kilomètres, reliant Ryad à Djeddah, sur la mer Rouge, sera le noyau central du réseau ferroviaire projeté par le plan d’expansion, chiffré à plusieurs milliards de dollars.

Cette ligne reliant les deux côtes devra réduire de près d’une semaine le temps de transport de marchandises de Dammam à Ryad et de la capitale au port islamique de Djeddah, le principal débouché maritime du royaume, par rapport au transport par mer.

Une ligne de 115 kilomètres devra en outre relier Dammam au port industriel de Jubail, sur le Golfe.

Une autre ligne de 570 kilomètres devra relier Djeddah aux villes saintes de La Mecque et Médine et se diriger au nord vers la cité industrielle de Yanbu, sur la mer Rouge, pour faciliter le transport de quelque deux millions de fidèles qui accomplissent le pèlerinage annuel à La Mecque.

Mais le gouvernement veut construire ce réseau sans faire souffrir sa trésorerie, en tablant sur les investissements privés.

Le plan d’expansion est actuellement aux mains d’un consortium de consultants financiers, groupant l’USB (Suisse), la Saudi National Commercial Bank et la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

Les consultants devront exposer le projet avant de faire des appels d’offre pour confier la construction du réseau à des compagnies privées, "selon le système BOT (construire, gérer, transférer)", a précisé M. Yahya, sans être en mesure de préciser une date pour le début des travaux.



Ce site fonctionne exclusivement avec des logiciels libres (serveur Linux Debian, Apache, Php, MySQL, SPIP) | Ce site est écrit en html valide | fil de syndication RSS.