
Un week-end de festivités, orchestré par la SNCB et l’ASBL Via Gulia (promotion de sites de la vallée de la Gueule), marquera la fin des travaux de rénovation du viaduc de Moresnet. Lancés en janvier 2002, ils auront finalement duré quatre mois de moins que prévu mais coûté les 24 millions d’euro prévus.
Construit entre 1914 et 1916 par les Prussiens au-dessus de la vallée de la Gueule, le viaduc de Moresnet, attaqué par la rouille, dont le béton lézardé tombait en morceaux dans les prairies en contrebas, avait souffert des avatars du temps mais aussi de deux dynamitages (1940 et 1944). Sa dernière couche de peinture remontait à 1973. Une longueur de 1,120 km, une hauteur variant de 23 à 58 m en font un des plus grands viaducs ferroviaires métalliques d’Europe. Sa rénovation a exigé de spectaculaires et originales opérations de génie civil : les 22 tabliers, la dalle de béton et le ballast ont été assemblés dans un hangar à la gare de Montzen avant d’être acheminés par rail.
Situé sur la ligne 24, à 900 m de la gare de Montzen, le viaduc est un maillon essentiel du trafic de marchandises entre le port d’Anvers et l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse et l’Italie. Entre 110 et 120 trains chargés essentiellement de containers, d’autos, d’acier et de produits chimiques, empruntent quotidiennement le viaduc (plus de 14 millions de tonnes et 570 000 wagons en 2003). Sa rénovation offre enfin aux trains la possibilité de circuler à une vitesse de 60 km/h (au lieu de 20 km/h) et permet d’augmenter la charge maximale à 25 t par essieu (au lieu de 22,5 t). Reste à électrifier en 3 000 volts courant continu, le dernier tronçon de cette ligne 24 entre Montzen et le tunnel de Botzelaer, frontière avec l’Allemagne. La SNCB a fixé le début de ces travaux à la mi-2006 (coût 3 millions d’euros). L’optimalisation des conditions de circulation de fret sur un axe majeur de notre réseau sera ainsi réalisée, affirme André Radar, porte-parole de la SNCB.
La rénovation du viaduc se traduit aussi par une amélioration du confort des riverains. La pose des traverses et rails sur ballast devrait diminuer le bruit d’au moins 50 %, assure André Radar. La chute d’objets ne sera plus aussi qu’un mauvais souvenir grâce à la nouvelle section des tabliers en forme de bac. Une esthétique plus étudiée et une couleur bleu gris intègrent davantage l’ouvrage d’art dans le décor.