Le patron de la SNCB prévoit 5.000 départs, volontaires et naturels, d’ici 2007

Vinck nie les licenciements

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Je n’ai jamais dit ni écrit qu’il y aurait des licenciements secs à la SNCB. Karel Vinck, patron de l’entreprise publique, a réagi, vendredi, aux informations parues dans plusieurs quotidiens, faisant état de son intention de procéder à des licenciements secs.

Ce que je constate, c’est que la pyramide des âges au sein de l’entreprise permet 5.000 départs naturels d’ici à 2007. Cela nous donne une marge pour réduire les coûts sociaux de la société. Je n’ai jamais dit que nous irions plus loin.

Dans la note remise par Karel Vinck à l’informateur Elio Di Rupo, dévoilée par « La Libre Belgique » et le « Standaard » de ce vendredi, le patron de l’entreprise ne prévoit effectivement aucune mesure de licenciement sec. La note indique seulement qu’il sera nécessaire « de mettre en œuvre des formules qui permettront d’encourager les départs au delà des départs naturels, lesquels se chiffrent à quelque 5.000 agents à l’horizon 1997 ».

Les représentants syndicaux, à qui cette note a été explicitée par Karel Vinck, confirment que le patron leur a indiqué qu’il ne prévoyait aucun licenciement sec. Nous ne sommes pas pour autant heureux, commente José Damilot (CGSP). Le non-remplacement d’autant d’agents est déjà une très mauvaise nouvelle dans une entreprise qui n’a pas pour tradition de supprimer des emplois. Plus tard dans la journée, José Damilot a qualifié de bête et méchante l’approche de Karel Vinck.

Pour le reste, la note remise à l’informateur confirme et précise diverses intentions déjà formulées dans le passé par le patron du rail, au premier rang desquelles figure la reprise de la dette. Dans sa note, Karel Vinck demande à l’Etat belge de reprendre à sa charge l’endettement à concurrence de 7,2 milliards d’euros, dans le courant du premier trimestre 2005.

Le patron de l’entreprise publique constate aussi que la SNCB sera incapable de prendre en charge la part du plan d’investissement qui lui incombe, à savoir 4,3 milliards d’euros sur fonds propres d’ici à 2012. « Compte tenu de la situation financière, il n’apparaît pas possible d’assurer cette charge, et, sauf moyens supplémentaires, il conviendra de revoir ce plan et l’ensemble des projets d’extension de capacité qui le composent. »

La note du patron met également en exergue des faiblesses de l’entreprise. Ainsi, affirment Karel Vinck et son comité de direction, « le niveau des coûts de production est de l’ordre de 30 à 35 % supérieur à celui de la concurrence ».

La note met aussi en lumière le déficit subi par Eurostar. « Selon les hypothèses de trafic, les prévisions font état d’une perte cumulée de 65 millions d’euros (en 2012) à 170 millions d’euros (en 2018), selon les hypothèses de trafic. » Concernant le très sensible projet RER, Karel Vinck répète qu’il a la volonté de le réaliser pour autant que les moyens financiers lui soient octroyés, « tant en ce qui concerne les investissements que la couverture du déficit d’exploitation ».

Lors de l’assemblée générale des actionnaires, qui se tenait vendredi, et qui a approuvé les comptes et déchargé les administrateurs, Karel Vinck a affirmé que cette note n’était pas le plan d’entreprise, qu’il promet depuis plusieurs mois. Nous mettons la dernière main à ce plan, qui devrait être achevé dans une quinzaine de jours, a-t-il dit.

De leur côté, les syndicats se sont dits prêts à négocier ce plan. Nous exigeons toutefois que la discussion sur ce plan soit concomitante avec la négociation sur la reprise de la dette, le plan d’investissement et la nouvelle structure de la SNCB, dit José Damilot. Tant la CSC que la CGSP affirment que Karel Vinck a accepté de lier ces différentes négociations. Cela signifie, selon les représentants du personnel, que la nouvelle SNCB ne verra pas le jour, au plus tôt, avant l’automne prochain.



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