La tambouille sociale à la SNCF est une affaire toujours plus complexe qu’il n’y paraît, avec des dossiers qui se carambolent et des conseillers ministériels planqués derrière les rideaux. La SNCF réunit aujourd’hui ses syndicats autour du projet de protocole de prévention des conflits.
L’affaire est déjà ancienne. En 2002, la SNCF se met en tête de goupiller un accord de prévention des conflits internes, sur le modèle de la RATP. En dépit d’une année de travail avec la direction des ressources humaines, les organisations syndicales décident de bouder un texte jugé pourtant « assez inoffensif ». La CFDT était prête à le signer... mais à condition que la CGT le paraphe. Laquelle CGT refusait de faire une fleur au gouvernement en plein conflit des retraites. Le dossier capote donc en septembre 2003.
Depuis, les discussions ont repris, mais le contexte n’a plus rien à voir. Gilles de Robien, poussé aux fesses par la majorité, a lancé son propre chantier du service minimum. Et l’offensive du ministre des Transports (Libération du 30 septembre) devrait accoucher dans les prochains mois, entre autres, d’un texte de loi obligeant les entreprises à mettre en place un système d’alarme sociale. En clair, les syndicats cheminots, s’ils ne signent pas l’accord interne, seront contraints de revenir à un dispositif similaire dans le cadre d’une probable « loi Robien ». Le ministère des Transports, cependant, verrait d’un bon oeil la SNCF signer un accord qui « donnerait une dynamique » et contribuerait à dépassionner le sujet.
Le souci, c’est que le climat social à la SNCF est un peu empesé par l’autre sujet chaud du moment : les négociations salariales annuelles, pour l’instant bloquées. En juillet, les organisations ont claqué la porte devant des propositions de la direction, laissant présager une dixième année ( !) de suite sans accord salarial. La SNCF affirme pour l’heure qu’il est hors de question de revenir à la table sans être assuré que les syndicats sont prêts à discuter.
En fait, comme chaque année, l’issue des négociations dépend uniquement des ministères de tutelle (Transports et Economie), qui tiennent les manettes. Les équipes de Robien se battent avec Bercy pour dégager une enveloppe à même de contenter les cheminots. Avec l’espoir qu’un apaisement profitera au dossier du service minimum.