
Il y a trois semaines, la société de transports en commun présentait officiellement ses « Visions 2020 », une compilation de propositions pour une mobilité durable dans la capitale. Cette fois, c’est via un voyage études qu’elle entend lancer le débat. Son objectif ? Susciter la réflexion sur de nouvelles perspectives pour les transports publics.
Ces jeudi et vendredi, elle convie différents partenaires (responsables politiques, conseillers en mobilité, fonctionnaires de la Région mais aussi membres de son personnel) à l’accompagner à Sarrebruck en Allemagne pour y découvrir le concept de tram-train. Puis, dans la foulée, à se rendre à Strasbourg où le tram sert véritablement de vecteur de développement du projet urbain.
Qu’est-ce que le tram-train ? Le concept est né à Karlsruhe à la jonction des années 70 et 80, explique Christian Dochy, responsable du développement du réseau de la Stib. Le Dr Ludwig, directeur général du réseau urbain local, a imaginé que les trams puissent continuer sur les voies ferrées du chemin de fer, afin de desservir les petites agglomérations situées à l’origine dans un rayon de 30 kilomètres autour de la ville. Son idée a débouché sur un succès commercial : la clientèle a triplé en un an !
Transposable chez nous ? Jos Chabert, le prédécesseur de l’actuel ministre de la Mobilité et du Transport, avait trouvé l’idée séduisante. Qu’en pense Pascal Smet ? Le ministre n’a pas d’avis arrêté sur la question, explique la porte-parole. Il comptait sur ce voyage pour se forger une opinion.
Mais l’épineux dossier DHL et la rentrée parlementaire bruxelloise, qui s’annonce plutôt agitée, l’ont forcé à annuler sa participation au voyage de la Stib, comme l’ont fait la plupart des parlementaires bruxellois. Mais Pascal Smet compte s’y rendre ultérieurement, souligne-t-on encore au cabinet du ministre.
Du côté de la SNCB (dont trois représentants participent au voyage Sarrebruck-Strasbourg), on se montre aujourd’hui favorable au projet. Certains obstacles existent cependant, développe la porte-parole des Chemins de fer. Il faut tout d’abord résoudre une série de questions techniques : homologation du matériel, compatibilité des quais, système de sécurité... Ce n’est pas insurmontable, si tous les acteurs se mettent autour de la table. Par contre, la capacité du réseau reste un problème majeur : à Bruxelles, le trafic est très dense et les prévisions montrent que la tendance va encore à l’accroissement. Il semble dès lors très difficile d’insérer ce type de véhicules entre les trains.
A Strasbourg, les participants au voyage vont aussi être confrontés à la politique volontariste de la Communauté urbaine, qui a décidé de rééquilibrer les moyens de déplacement et de partager plus équitablement les espaces publics, afin que les piétons, les cyclistes, les transports en commun et les automobilistes retrouvent chacun leur place dans la ville.
Les aménagements sont pensés en termes de priorité en faveur des transports en commun, précise Christian Dochy. Le stationnement est inexistant le long des voies de trams. Les livraisons se font en dehors des heures d’exploitation du réseau, c’est-à-dire la nuit, et via des zones spécialement prévues à cet effet.
Nul doute que le sujet touchera plus particulièrement les conseillers en Mobilité des communes bruxelloises...