
Alors que le débat actuel est axé sur les coûts et la rentabilité des transports publics, il est bienvenu de parler « pour une fois » de l’utilité économique de ce secteur, a déclaré Max Friedli, directeur de l’Office fédéral des transports (OFT).
Les transports publics produisent une forte plus-value économique : au sens large, ils génèrent 33 milliards de francs gagnés en Suisse, soit 7,8% du Produit intérieur brut (PIB). L’étude présentée lundi à Berne tombe à la veille du débat des Chambres sur le budget 2005 et les allègements qui n’épargnent pas le secteur. Alors que le débat actuel est axé sur les coûts et la rentabilité des transports publics, il est bienvenu de parler « pour une fois » de l’utilité économique de ce secteur, a déclaré Max Friedli, directeur de l’Office fédéral des transports (OFT).
Les transports publics ne font pas que coûter de l’argent, ils en produisent également, a renchéri Peter Vollmer, directeur de l’Union des transports publics (UTP).
L’étude en question a été commandée par l’OFT, l’UTP, les Chemins de fer fédéraux (CFF) et le BLS (ligne du Lötschberg) à l’institut Infras à Zurich. Intitulée « Importance des transports publics dans l’économie suisse », l’étude chiffre l’importance économique du secteur à 10,9 milliards de francs par an (2,5 % du PIB).
Max Friedli a rappelé que le secteur comprend les chemins de fer, les trams et bus, les téléphériques et les bateaux. Mais le montant indiqué ne prend en compte que les effets directs et indirects liés directement à la production.
Si l’on considère les effets induits par les personnes employées de façon directe et indirecte, la contribution au PIB s’élève alors à 33 milliards, soit 7,8 %. Cela veut dire que « sur 100 francs gagnés en Suisse, 8 francs proviennent au sens large des transports publics », a résumé Max Friedli.
En terme d’emploi, les transports publics offrent au sens strict quelque 93 000 postes à plein temps et au sens large près de 303 000 postes. Autrement dit : « Un emploi dans ce secteur en génère 4,1 dans l’économie suisse », selon Max Friedli.
« La forte position des transports publics sur le marché du travail a toutefois aussi ses zones d’ombre », a admis le directeur de l’OFT. Ces dernières années, quelques 36’000 employés ont perdu soit leur emploi soit une partie de leur taux d’occupation afin d’augmenter la productivité du secteur.
Max Friedli reconnaît que ces mesures étaient indispensables, mais il souligne qu’à l’avenir les décisions politiques devront davantage prendre en compte « les coûts sociaux ». Car augmenter l’efficacité ou supprimer des postes ne suffit pas à soulager durablement les finances publiques.
L’étude montre en outre que l’impact économique des transports publics s’exerce de manière équilibrée dans tout le pays, s’est encore réjoui M. Friedli. En valeur absolue, les cantons de Berne et Zurich ont une longueur d’avance.
Considérée en fonction de la plus-value cantonale, l’importance de ce secteur est plus forte dans les cantons d’Uri, de Berne et des Grisons, suivis de Soleure et du Valais.
« On voit donc que les cantons de montagne les moins dotés structurellement sont ceux qui profitent le plus des transports publics », commente le directeur de l’OFT. L’impact est le moins élevé à Nidwald, Zoug et Glaris.
Cette solidarité entre cantons financièrement puissants et ceux qui sont structurellement moins dotés est mise à rude épreuve dans le cadre des programmes d’économie en cours.
« S’il existe de bonnes raisons de favoriser les cantons de montagne et périphériques en leur accordant des indemnités de transport, il ne faut pas non plus se tromper de priorité », a averti M. Friedli.
Le directeur de l’OFT a ainsi demandé que l’accent soit mis sur le problème des agglomérations. « Pour une fois, il faut en appeler à la solidarité des régions périphériques qui doivent regarder vers le centre », a-t-il dit. Contexte politique tendu Les résultats de l’étude tombent à la veille de débats cruciaux pour les transports publics. Les Chambres devront en effet débattre du budget 2005 et du programme d’allègement, qui n’épargne pas le secteur.
La Confédération prévoit non seulement des économies de l’ordre de 70 millions de francs, mais aussi de ne plus rembourser aux entreprises de transports publics les quelque 50 millions qu’elles versent comme impôt sur les huiles minérales.
Dans ce contexte, Peter Vollmer, qui est aussi député socialiste (Berne), espère que les prochains débats tiendront compte de la plus-value apportée par les transports publics.