SNCF : le service minimum en suspens

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Les syndicats ont jusqu’à la fin du mois pour signer le texte présenté hier.

Encore raté. La direction de la SNCF a échoué, hier, à faire parapher son protocole de prévention des conflits et s’est donnée jusqu’à la fin du mois pour boucler le dossier. Alors que la SNCF se disait proche du but à la veille de la réunion, la CGT a fait savoir, avant même de s’asseoir, que le texte devait encore « être amélioré ». Le protocole propose d’instaurer avant tout dépôt de préavis de grève une période de concertation de dix jours ouvrables, soit un équivalent de l’alarme sociale de la RATP.

Autre mesure centrale, la modification du fonctionnement des institutions représentatives du personnel. A l’issue de la table ronde, la direction, qui évoque de « derniers réglages », a fait savoir qu’une dernière version du texte serait communiquée aux syndicats de cheminots. Lesquels auront jusqu’au 29 octobre pour signer. Cette éventuelle signature d’un accord, sur lequel la direction bataille depuis deux ans, prend un relief particulier au regard des derniers signaux envoyés par le Premier ministre sur le dossier du service minimum. Depuis quelques jours, Matignon laisse entendre (Libération d’hier) que des bons accords signés dans les entreprises de transport permettraient l’économie d’un texte de loi.

Des déclarations qui rassurent peu les syndicats. Selon Sud Rail, le texte présenté par la SNCF « ne lève en aucun cas l’hypothèque de la menace de la loi sur le service minimum ». Eric Falempin, secrétaire général de FO, disait douter que Raffarin puisse « revenir sur la promesse de Chirac d’un service garanti ». Prudente, la CFDT devrait rejoindre les organisations signataires du protocole (Unsa, CFE-CGC, SNCS) mais s’est réservée la possibilité de retirer son paraphe au cas où le Parlement viendrait à « voter une loi restreignant le droit de grève ». Reste le gros morceau, avec la CGT. L’accord de l’organisation (47 % aux dernières élections professionnelles à la SNCF) est essentiel pour rendre le protocole opératoire. Le secrétaire général de la CGT, Didier Le Reste, a exprimé la volonté de son organisation d’« aboutir », mais sans vouloir « signer un chèque en blanc à la SNCF ou au gouvernement ». La CGT a une dizaine de jours pour enterrer, ou faire aboutir, l’alarme sociale façon SNCF.

Avec AFP



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