BRUXELLES Le budget 2005 risque de faire couler encore beaucoup d’encre et de salive au sein de la SNCB. En écho aux réserves émises dans nos éditions de milieu de semaine, le président de la CGSP-Cheminots, José Damilot, livrait hier une analyse approfondie et qui ne manquait pas de pertinence sur les décisions gouvernementales. Une analyse qui révèle, selon le syndicaliste, que la reprise de la dette ne coûtera pas un franc à l’Etat.
Explications : la dette coûtera, en charge d’intérêts, 300 millions à celui qui la supportera (donc, l’Etat). Mais l’Etat a imposé à la SNCB de se défaire de divers actifs, à hauteur de 200 millions, pour financer partiellement la charge de la dette. Restent 100 millions potentiellement à charge de l’Etat. Mais l’Etat réduit aussi la dotation d’investissement de la SNCB de 57 millions et la dotation RER de 69,5 millions... Donc, la première année, l’opération de reprise de la dette ne coûtera pas un franc à la SNCB. Imparable...
Le ministre des Entreprises publiques temporise en expliquant que le fonds RER n’est libéré qu’au rythme des factures qu’il reçoit et que si d’autres travaux peuvent être effectués, des moyens seront libérés. Reste que ce fonds ne sera alimenté qu’à raison de 51 millions alors que la SNCB prévoit pour 120 millions de travaux. En clair, le gouvernement a surtout reporté les échéances.
José Damilot souligne également les incohérences concernant les investissements sur la ligne Namur-Luxembourg et pour lesquels la SNCB est censée faire appel au privé. Selon le syndicaliste, ces investissements, par ailleurs réalisés à côté de l’axe stratégique, ne présentent aucun intérêt pour les privés. De telle sorte que le syndicaliste entrevoit surtout dans la décision gouvernementale une volonté d’enterrer le projet...