Les « ulcères » du patron de la SNCB

Classement géographique :

Il aura bientôt 70 ans, mais il n’a pas décidé de se taire pour autant. Honoré Paelinck, qui fut patron de la SNCB au milieu des années 80, avant l’arrivée d’Etienne Schouppe, a donné au magazine flamand « Trends » un avis très pimenté sur la SNCB. Au moment où les syndicats se battent pour le maintien de 38.000 postes dans l’entreprise publique, il déclare : « La SNCB peut parfaitement fonctionner avec 28.000 personnes soit 12.000 de moins qu’actuellement. Et tout cela, sans licenciement sec. Il suffirait que les cheminots puissent être affectés au remplacement des voies, où à la suppression des lignes inutilisées (en Belgique, il y a 10.000 kilomètres de voies, dont 3.300 seulement sont utilisées). Mais, ajoute l’ancien dirigeant, il faudrait pour cela que les syndicats acceptent que des agents soient reconvertis, et qu’ils ne s’accrochent pas de manière fanatique à leur cadre organique. » L’ancien patron réserve aussi quelques propos choisis à l’actuel administrateur délégué, Karel Vinck. « L’avantage de Karel Vinck, c’est qu’il est en fin de carrière, sinon, soit il démissionnerait, soit il attraperait des ulcères. Le gouvernement arc-en-ciel a toujours dit que c’en était fini des nominations politiques, mais à mon avis, cela doit laisser Karel Vinck très songeur... » Prochainement, la SNCB sera scindée en trois entités distinctes. Un holding, baptisé SNCB, chapeautera deux filiales. La première se chargera de l’infrastructure et la seconde gérera les opérations. Pour Paelinck, en réalité, peut de choses vont changer. « La SNCB restera la SNCB. La seule différence, c’est que le nombre de nominations politiques va augmenter » (puisqu’il y a trois entités au lieu d’une). Le bouillonnant observateur émet également des doutes sur la fiabilité des comptes. « J’espère que les autorités européennes seront vigilantes, car il n’est pas facile de trouver son chemin dans les bilans de la SNCB. D’expérience, je sais que tous les chiffres de la comptabilité de l’entreprise ne reflètent pas la réalité... » Enfin, l’ancien patron estime que l’exploitation du rail, et ABX devraient être privatisés. Des propos qui, s’il était toujours patron, lui vaudraient sans doute un aller simple vers la porte...



Ce site fonctionne exclusivement avec des logiciels libres (serveur Linux Debian, Apache, Php, MySQL, SPIP) | Ce site est écrit en html valide | fil de syndication RSS.