
Je demande que les nominations de dirigeants qui vont intervenir à la SNCB soient basées pratiquement exclusivement sur les compétences professionnelles. Des nominations basées sur des critères politiques seraient nuisibles à l’entreprise.
Généralement discret et prudent dans ses sorties médiatiques, le patron de la SNCB, Karel Vinck, a décidé de sortir son atout pour contrer les manoeuvres politiques en cours dans les couloirs du gouvernement fédéral. Le 1er janvier prochain, la SNCB, actuellement unitaire, sera scindée en trois entités distinctes. Un holding chapeautera deux filiales. La première se chargera des opérations et la seconde abritera toute l’infrastructure ferroviaire.
Pour que cette opération puisse se réaliser dans les délais, il faut que le gouvernement nomme les trois administrateurs délégués des nouvelles entités, les trois conseils d’administration et les trois comités de direction. Ces nominations étaient prévues pour le 1er octobre. Puis pour le 12. Mais le gouvernement n’a encore rien décidé. Pour une seule raison : les partis de la coalition ne s’entendent pas sur les personnes à désigner.
La semaine dernière, un organigramme a été âprement discuté. Il prévoit de maintenir Karel Vinck à la tête du holding et de donner la présidence du conseil d’administration à Jean-Claude Fontinoy (MR). Karel Vinck se retrouverait également à la tête des opérations, dont la présidence serait confiée à Vincent Bourlard (PS). Un autre socialiste francophone, Luc Lallemand, dirigerait l’infrastructure, dont la présidence reviendrait à Antoine Colpaert (SP.A).
Lors de sa rencontre avec la presse, Karel Vinck s’est bien gardé de donner son avis sur les noms qui ne lui plaisent pas (que nous dévoilons ci-dessous). Je ne veux pas m’étendre sur les noms, a-t-il dit. Mais je rappelle que l’entreprise a encore de gros problèmes. La qualification des personnes qui se trouveront, demain, à la tête des différentes entités est essentielle.
S’il ne s’est pas attardé sur les noms, le patron a, en revanche, évoqué, par la bande, l’organigramme en préparation, en affirmant qu’il ne souhaitait pas diriger à la fois le holding et le transporteur. En dirigeant le holding, je veux pouvoir gérer correctement les relations sociales. C’est une tâche suffisamment prenante, qui ne peut, à mon sens, se cumuler avec la direction des opérations.
Karel Vinck se plaint aussi du blocage du processus de scission de la SNCB depuis le mois de septembre. On tarde à prendre des décisions urgentes. Il faut créer les trois nouvelles entités et décider des nominations.
Le patron du rail demande au gouvernement que cette décision soit prise cette semaine. Si la décision concernant les nominations n’intervient pas dans ce délai, tout le processus sera reporté de six mois voire un an, car la création des sociétés doit coïncider avec l’exercice fiscal prochain, qui débute au 1er janvier.
Pressé de questions, Karel Vinck a refusé de déclarer qu’il démissionnerait si les nominations ne lui convenaient pas ou si la scission de l’entreprise prenait encore du retard. Je ne souhaite pas faire du chantage avec le gouvernement, dit-il. Ce n’est pas dans cet esprit que je m’exprime aujourd’hui. En revanche, je ne veux pas que, dans quelques semaines ou quelques mois, on me reproche d’éventuels blocages à cause d’éléments qui ne sont pas sous mon contrôle. Si les décisions ne paraissent pas prises dans l’intérêt de l’entreprise, je tenterai de discuter avec le ministre, et on verra si on peut trouver une solution ou pas.
Contacté, le cabinet du ministre des Entreprises publiques, Johan Vande Lanotte (SP.A), indique qu’il est conscient de l’importance du dossier et que les décisions seront prises dans les jours ou les semaines qui viennent.