Ce n’est qu’une hypothèse de travail qui fait partie des discussions en cours à la SNCB. N’empêche, une liste des gares dont les guichets réalisent les plus faibles chiffres d’affaires circule en ce moment, une liste publiée récemment.
Austérité oblige, sept des 23 gares SNCB situées en province de Liège (Amay, Aywaille, Flémalle-Haute, Pepinster, Poulseur, Statte et Trois-Ponts) pourraient, à l’avenir, devenir des points d’arrêt comme il en existe déjà 33 dans la province. Et ce, alors que le trafic de voyageurs sur le réseau SNCB poursuit sa progression moyenne de 5 % par an. Exit donc la salle d’attente chauffée, les toilettes et les guichets : seuls resteraient un abri pour les intempéries, quelques bancs, une sonorisation d’annonce et les panneaux horaires.
La motivation est essentiellement financière : ces sept stations à la fréquentation variable (lire l’infographie) ne vendent pas suffisamment de titres de transport pour justifier leur ouverture. Une situation qui s’explique non seulement par la prolifération des produits SNCB que le voyageur peut acheter dans n’importe quelle gare (abonnements, Go-Pass, cartes seniors...) mais aussi par l’importante proportion de voyageurs partant le matin et revenant le soir, laissant déserts les quais... et surtout les guichets durant la journée. Nous avons déjà fait des adaptations dans certaines gares en fonction de ces coups de feu , explique-t-on au district sud-est de la SNCB.
Ainsi, des gares comme Amay, Flémalle-Haute, Poulseur et Statte ne sont ouvertes que de 6 h à 13 h 45. Souvent, nous maintenons un guichet le matin avec, pour le personnel, une autre occupation l’après-midi. Soit il s’agit d’un ouvrier-chargeur qui a reçu une formation de guichetier et procède à des travaux d’entretien l’après-midi, soit un sous-chef de gare qui, lui, s’occupe de signalisation. Chaque gare est devenue un cas particulier pour lequel des adaptations sont prises.
Si la SNCB devait confirmer la fermeture de ces sept gares, la décision serait surprenante à plus d’un titre. Outre le fait que les guichets restent indispensables pour happer le voyageur vers le produit tarifaire qui lui convient le mieux, quelques-unes de ces stations viennent d’être rénovées à grand frais. C’est le cas de Statte et de Poulseur dont les réaménagements complets ont été inaugurés il y a près d’un an. C’est le cas également de Pepinster qui a vu sa Marquise de verre complètement restaurée il y a quelque temps. A moins que, le cas de la gare d’Esneux ne se répète. Rénovée, la gare a finalement été fermée et louée à un antiquaire tandis que demeure un accès au quai par le côté.
Du côté de la CGSP Cheminots (lire ci-dessous), on ne manque pas de souligner l’effet boule de neige qu’aurait la fermeture de ces gares sur le reste du réseau formé par ces petites lignes . Tout en remarquant qu’il y a d’autres problèmes plus préoccupants comme la mise entre parenthèses d’investissements dans les infrastructures liégeoises.
Nom. Brasseur.
Prénom. Jean-Louis.
Fonction. Secrétaire général de la CGSP Cheminots.
Pointées pour leurs faibles chiffres d’affaires, sept gares de la région liégeoise pourraient être fermées par la SNCB. Une simple hypothèse ?
La chasse au gaspi est ouverte : la SNCB s’oriente vers une réduction des services dans les régions, en particulier dans les petites gares. Mais ce qui nous inquiète surtout, c’est le non-investissement dans les services de la voie et le fait que la SNCB compte retarder dans le temps des entretiens concernant les lignes passant par les vallées de l’Ourthe et de l’Amblève ainsi que celle allant vers Namur. On va vers une dégradation de l’infrastructure qui sera lourde de conséquence. Toute comme le manque de modernisation de la gare de triage de Kinkempois dont l’allongement des voies à 750 mètres n’a pas été réalisé afin d’accueillir de plus grands trains de marchandises. Sans compter le fait que le projet de modernisation de l’atelier de traction (entretien des locomotives) qui emploie 400 personnes est suspendu puisque les études techniques sont à l’arrêt. Le danger est que, parallèlement à la crise de la sidérurgie (ce secteur est responsable de 60 % de l’activité de Kinkempois), Liège soit réduite en matière d’infrastructures ferroviaires.
L’éventuelle suppression de certaines gares n’est donc pas le problème principal ?
Je ne vois pas d’émotion particulière dans le chef des hommes politiques locaux en ce qui concerne l’avenir du chemin de fer. C’est vrai que les décisions de la SNCB ne sont pas toujours cohérentes mais, pour les petites lignes par exemple, s’il n’y a pas d’attention particulière au niveau local, je crains pour leur maintien. On ferme une gare ensuite on supprime son entretien. Et du coup elle est squattée. Les voyageurs ne viennent plus dans les gares désertées et après on supprime le train : c’est un cercle vicieux qui bride une démarche commerciale au lieu de la dynamiser.
Que préconisez-vous dès lors ?
Afin de ne pas en arriver là, il est nécessaire de garder les installations existantes quitte à faire évoluer le service en imaginant des décrochages de personnel. Mais il faudrait que la SNCB ait une analyse plus fine du problème.