La plainte de Lastminute.com contre la SNCF sera examinée sur le fond

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Une première étape a été franchie, jeudi 4 novembre, dans le différend qui oppose deux des plus grands acteurs du tourisme sur Internet en France, le leader, Voyages-sncf.com, et le numéro trois, Lastminute.com. Le conseil de la concurrence, saisi au mois de juin par Lastminute.com pour "abus de position dominante" à l’encontre de Voyages-sncf.com, vient en effet de décider qu’il n’y avait pas lieu "d’accorder de mesures conservatoires et renvoie le dossier à une instruction au fond". La décision consécutive à cette instruction ne devrait pas intervenir avant un an.

Dans la saisine déposée le 25 juin auprès du conseil de la concurrence, la filiale française du groupe britannique Lastminute.com contestait notamment à la filiale commune de la SNCF et l’américain Expedia la légalité "de la création de l’entreprise commune GL-Expedia", et dénonçait "l’octroi de subventions croisées illicites de la SNCF en faveur de Voyages-sncf.com, GL-Expedia et Expedia Inc.". Elle soulignait également des pratiques anticoncurrentielles discriminatoires, mises en œuvre, selon elle, "par la SNCF, et qui viseraient à favoriser Voyages-sncf.com". Selon Lastminute, ces pratiques l’empêcheraient d’accéder au marché de la distribution de billets de train.

Dans l’attente de la décision, Lastminute avait demandé au conseil de prononcer des mesures conservatoires visant à rétablir une neutralité concurrentielle. Celui-ci n’a pas retenu les arguments formulés, estimant notamment que le marché du e-tourisme, auquel appartient le secteur des agences de voyages en ligne, est en bonne santé, avec une croissance estimée de 32 % par an.

En outre, le conseil de la concurrence fait remarquer que la part générée par la vente d’offres combinées incluant le train reste, pour Voyages-sncf.com, marginale, ne représentant que 0,5 % de son volume d’affaires. Enfin, relève le conseil, dans plusieurs communiqués récents, Lastminute a fait état de résultats financiers en progression et d’un chiffre d’affaires en hausse de 45 %, ce qui démontrerait que "les pratiques dénoncées ne sont pas en mesure de porter une atteinte grave et immédiate au secteur de la vente de voyages en ligne ou à la situation de l’entreprise plaignante".

Pierre Paperon, directeur France de Lastminute.com, estime que la "décision et l’analyse lui semblent plutôt favorables". Sur les quinze reproches formulés, "dix ont été retenus par le conseil", se félicite-t-il. L’optimisme est aussi de mise dans la partie adverse, Mathias Emmerich, directeur général de Voyages-sncf. com, utilisant le même adjectif, "favorable", pour commenter les premières décisions.



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