
PARIS (AFP) - Eurostar, le train jaune reliant Londres à Paris ou Bruxelles en passant sous la Manche, fêtera la semaine prochaine ses dix ans de "succès inattendu", au cours desquels le train a transporté 59 millions de passagers.
Eurostar débutera les festivités par un "événement en forme de clin d’oeil" organisé lundi dans le coeur de Londres, où siège la société exploitée conjointement par Eurostar UK côté britannique et par les chemins de fer français (SNCF) et belges (SNCB), a-t-on indiqué chez Eurostar sans plus de précision. Elle fêtera l’anniversaire le dimanche suivant avec ses clients dans les gares.
Guillaume Pépy, président de la société, retient de cette décennie "deux étapes marquantes, l’incendie du tunnel en 1995, qui a entraîné la suspension du trafic", et l’an dernier "une deuxième naissance, le passage à grande vitesse de deux tiers du trajet entre Londres et le tunnel".
M. Pépy souligne aujourd’hui qu’Eurostar connaît "un succès commercial inattendu", le train représentant grâce à lui 66% du marché du transport entre Paris et Londres, alors qu’il n’en représentait au départ que 5%. "La part de marché a été multipliée par douze", souligne-t-il.
Grâce à ce passage à grande vitesse, qui sera achevé sur tout le parcours anglais au printemps 2007 et comble "une lacune", "la régularité est passée de 80% à 90%, se félicite Guillaume Pépy. Il vante aussi "la magie du tunnel" qui "joue toujours".
"Aujourd’hui, ces deux capitales si différentes forment presque un binôme, à 2H30 de train l’une de l’autre", dit-il en soulignant que les deux pays ont célébré cette année le centenaire de l’Entente cordiale.
Eurostar effectue désormais seize aller-retour par jour entre Paris et Londres, contre deux à ses débuts.
"Eurostar est le train de tout le monde, affirme M. Pépy. 40% de passagers le prennent pour le travail, 60% pour des raisons familiales ou de loisirs".
En septembre, la société Eurostar a lancé la rénovation de l’intérieur de ses trains, un projet d’un an visant à améliorer le confort des passagers et représentant un investissement d’environ 38 millions d’euros.
Le président de la SNCF Louis Gallois a estimé vendredi que le train "marche actuellement remarquablement bien", avec une croissance "extrêmement forte".