Le projet de liaison rapide entre Paris, Orléans, Limoges et Toulouse (POLT) ne sera jamais réalisé. Lors d’une réunion à Paris, mardi 9 novembre, Gilles de Robien, ministre de l’équipement, et François Goulard, secrétaire d’Etat aux transports, ont réaffirmé aux trois présidents des régions concernées (Centre, Limousin, Midi-Pyrénées) que "la solution de TGV pendulaire, en termes de gain de temps, d’échéance de la réalisation et de rentabilité du projet, n’était pas pertinente en termes d’investissement comme d’exploitation".
Cela confirme la décision prise lors du comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) de décembre 2003. Le POLT devait mettre, dès 2006, les trois régions en correspondance avec le réseau TGV et réduire le temps de trajet entre Paris et Toulouse de près d’une demi-heure.
Le 13 novembre 2001, l’Etat, les trois régions, la SNCF et RFF avaient signé une convention qui prévoyait un investissement d’environ 242 millions d’euros. Depuis, le CIADT et les trois régions négociaient avec le gouvernement pour obtenir le respect des engagements de l’Etat (Le Monde du 30 juin). "Le gouvernement tourne le dos à l’aménagement du territoire", estime Martin Malvy, président (PS) de la région Midi-Pyrénées.
Pour le ministère des transports, l’option désormais retenue pour une desserte plus rapide des trois régions réside dans la réalisation de la ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique et son prolongement vers Toulouse, ainsi que d’une section de ligne à grande vitesse entre Poitiers et Limoges. Le prolongement Bordeaux-Toulouse fera l’objet d’un débat public en 2005. Pour la ligne Limoges-Poitiers, le débat ne s’ouvrira qu’en 2006. En raison des délais techniques et juridiques, les travaux de la liaison Toulouse-Bordeaux ne devraient commencer qu’en 2010.
Cependant, le gouvernement s’engage, dès à présent, à apporter des améliorations de la liaison ferroviaire entre Paris, Orléans, Limoges et Toulouse. L’Etat va financer dès 2005, avec la nouvelle Agence de financement des infrastructures de France (AFIF), la suppression des cinq passages à niveau au sud de Châteauroux (Indre) pour un montant de 7 millions d’euros.
Par ailleurs, les travaux d’aménagement et de modernisation des voies et des ouvrages d’art, d’un montant de 233 millions d’euros, se termineront en 2006. Lors d’un comité technique, prévu le 24 novembre, les régions devraient être informées des études menées par RFF et la SNCF pour l’interconnexion avec le réseau TGV en Ile-de-France, et notamment avec l’aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle. Enfin, l’exploitation commerciale des rames TEOZ, actuellement en service sur Paris - Clermont-Ferrand, devrait se généraliser sur l’ensemble de la ligne. Des engagements qui ne satisfont qu’en partie les présidents des trois régions.