SNCF

Une rame détente, en arme de séduction

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Sans véritable innovation technique, l’iDTGV mise sur le bas prix et le divertissement.

La première rame de l’iDTGV (pour « interactif détente ») quittera Paris-gare de Lyon aujourd’hui à 13 h 20. Destination Toulon. Elle devrait être saluée par des bordées d’insultes cheminotes au départ et à l’arrivée. Car si la SNCF y promet détente et divertissement à ses passagers, ce nouveau service est assez urticant pour les cheminots. D’abord parce que l’iDTGV n’est pas vraiment la SNCF. La direction de l’entreprise a créé une filiale, certes détenue à 100 % par la SNCF, mais qui fait dire aux syndicats que c’est quasiment un concurrent de l’entreprise publique. C’est aussi la première fois que les salariés de l’entreprise ne bénéficieront pas d’accès préférentiels à un train.

L’iDTGV ne fera par ailleurs travailler les cheminots qu’au compte-gouttes. Alors que les guichetiers sont tout bonnement oubliés (les billets n’étant réservables que par l’Internet), les contrôleurs ont aussi senti le vent du boulet, une des innovations du nouveau service étant de tester le contrôle des billets en lecture optique... avant l’embarquement. Sur les deux contrôleurs présents dans une rame de TGV, l’entreprise n’en a donc gardé qu’un et l’a flanqué d’une casquette de « superviseur ». Ainsi promu, il sera accompagné d’une hôtesse, de statut privé et de salaire modeste. Mieux, l’iDTGV n’aura pas besoin de conducteur. L’essentiel des « TGV Med » circulant entre Paris-Marseille est composé de rames doubles (deux TGV collés l’un à l’autre), mais quelques-uns, en heures creuses, n’en ont qu’une. D’où l’idée d’y accrocher une rame iDTGV...

Les clients sont censés être les premiers bénéficiaires de ces économies de bouts de chandelle (la direction estime à 20 % le gain en coût d’exploitation par rapport à une rame TGV classique). Le prix d’appel pour un aller simple entre Paris et Marseille est de 19 euros. Mais ce tarif ne concernera qu’environ 10 % des places disponibles. Il faudra s’enfoncer ensuite dans une véritable jungle tarifaire, composée de 15 paliers de prix (selon la date de la réservation et les disponibilités). Il faut y ajouter, pour les volontaires, les services payants. Ainsi, un passager ayant opté pour l’ambiance « zen » (détente) déboursera 2 euros pour un kit sommeil. L’adepte de l’ambiance « zap » (divertissement) devra payer (2,5 euros) pour un jeu de cartes iDTGV ou une location de lecteur de DVD (10 euros avec un casque et un DVD, + 3 euros le casque supplémentaire). La SNCF affirme vouloir ainsi attirer une nouvelle clientèle vers le train et faire grimper de quelques points sa part de marché de 61 %, sur la destination Paris-Marseille. Dans l’hypothèse la plus optimiste d’un remplissage à 100 %, l’iDTGV, s’il reste limité à un aller-retour quotidien, ne devrait pourtant transporter que 30 000 passagers par mois, à des années-lumière des 20 millions de passagers du TGV Méditerranée en 2003.



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