Ile-de-France : les débuts d’une rocade ferroviaire de banlieue à banlieue

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Samedi 11 décembre, le premier tronçon d’une ligne fermée depuis 1936 a été rouvert entre Saint-Germain-en-Laye et Noisy-le-Roi, dans les Yvelines. Cette réouverture marque l’amorce d’une politique régionale visant à créer des "tangentielles" adaptées aux nouveaux flux de déplacements.

À une époque où il est plus souvent question de fermeture de lignes, la réouverture, samedi 11 décembre, d’une desserte ferroviaire fermée depuis 1936, de surcroît en Ile-de-France, constitue un événement. Même si cette nouvelle liaison ne compte que 9,8 km entre Noisy-le-Roi et Saint-Germain-Grande-Ceinture (Yvelines), et même si elle ne doit transporter, selon les prévisions, que 10 000 voyageurs par jour avec un temps de parcours de 13 minutes, ses promoteurs ne cachent pas leur enthousiasme.

"Cette inauguration représente pour moi la concrétisation heureuse d’un projet que j’ai soutenu depuis 1977 avec Michel Péricard, alors maire de Saint-Germain-en-Laye", rappelle Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional d’Ile-de-France. Une façon de rappeler combien les projets d’infrastructures nécessitent patience et détermination. Il faudra en effet attendre 1990 pour que le schéma de principe de cette opération soit approuvé et 1997 pour que la convention de financement soit signée.

D’un coût de 90,58 millions d’euros, cette liaison a été financée par la région à 90 %, le conseil général des Yvelines, Réseau ferré de France (RFF) et la SNCF. Le Syndicat des transports de l’Ile-de-France (STIF) contribue au fonctionnement de la ligne à hauteur de 9 millions d’euros par an.

"Grâce à cette ligne, des zones d’habitations, jusqu’à ce jour tenues à l’écart du réseau de transport ferré, en particulier autour de Noisy-le-Roi, seront désormais mieux desservies", remarque, de son côté, Thierry Mignauw, directeur Ile-de-France de la SNCF. Les utilisateurs de cette nouvelle ligne peuvent rejoindre à la gare de Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines) le réseau transilien vers Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), la Défense et Paris-Saint-Lazare.

L’entreprise de transport profite de cette renaissance pour présenter, outre la rénovation des cinq gares, un matériel inédit sur son réseau transilien. Parmi ses nouveautés, l’accessibilité des personnes à mobilité réduite est désormais assurée aussi bien dans les gares que dans les wagons.

Dans la rame — l’exploitation fonctionne avec trois rames — le passager peut se déplacer librement dans les quatre wagons. Ces derniers ont été entièrement réaménagés, sont climatisés et se trouvent également et pour la première fois placés sous un système de vidéosurveillance embarqué. Enfin, les cyclistes pourront transporter leur vélo, plusieurs emplacements sont prévus à cet effet.

"Cette ligne, même modeste, de la grande ceinture ouest marque une nouvelle orientation des infrastructures en Ile-de-France", affirme Jean-Paul Huchon. Déjà les études pour son extension à chaque extrémité de la nouvelle ligne sont déjà avancées, notamment en direction du sud vers Saint-Cyr-l’Ecole et Versailles.

Cette liaison ferroviaire ouest entre dans le programme dit des "tangentielles" inscrites au schéma directeur des transports de l’Ile-de-France (SDRIF) et présentes, pour certaines d’entre elles, dans les deux derniers contrats de plan Etat-région. Elles ont pour objectif d’assurer une meilleure desserte des relations de banlieue à banlieue, là où la demande de transport collectif reste la plus importante mais où l’offre demeure la moins bien assurée. Par leur configuration, elles marquent une rupture avec les lignes radiales qui traversent l’Ile-de-France du nord au sud et de l’est vers l’ouest. Elles permettent de mieux tenir compte des nouveaux flux de déplacements dans les zones périphériques.

La plus longue, de Versailles (Yvelines) vers Melun (Seine-et-Marne), s’étire sur 62 km, alors que les deux autres, de Sartrouville (Yvelines) à Noisy-le-Sec (Val-de-Marne) et de Versailles à Achères (Yvelines), ne font qu’un peu moins de 30 km.

"Nous voulons pouvoir mettre -sur ces tangentielles- un service de liaisons cadencé et fréquent", précise M. Mignauw. Longtemps envisagées mais toujours retardées pour des raisons budgétaires, ces tangentielles sont devenues "notre priorité dans les transports en Ile-de-France", affirme Jean-Paul Huchon.

Signe de cette nouvelle orientation, la tangentielle nord entre Sartrouville et Noisy-le-Sec a franchi devant le STIF, en septembre, une étape décisive. L’autorité organisatrice des transports a approuvé le schéma de principe de cette future liaison. Le projet consiste à introduire, parallèlement à la ligne fret existante, une ligne spécialement dédiée aux voyageurs.

Les premiers travaux devraient avoir lieu en Seine-Saint-Denis, entre Epinay-sur-Seine et Le Bourget. Le coût global du projet de cette rénovation inscrite au contrat de plan Etat-région est estimé à 758 millions d’euros pour les infrastructures et à 139 millions d’euros pour le matériel roulant.

Pour la SNCF, cette tangentielle nord présente l’avantage de couper de nombreuses et importantes radiales allant vers Paris. Au rythme normal des procédures, les travaux sont programmés pour 2007. La mise en service est annoncée pour 2012.

Malgré une forte volonté pour promouvoir ces liaisons, des blocages financiers risquent cependant de retarder leur mise en place. Il est vrai que la tangentielle sud, entre Versailles et Melun, représente un investissement de 1 milliard d’euros, et le calendrier des travaux reste encore à définir.



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