BELGRADE — Un train de luxe, jadis réservé au leader communiste yougoslave Josip Broz Tito a commencé des trajets touristiques emmenant vendredi, à l’occasion du réveillon du Nouvel an, une centaine de passagers pour un voyage du souvenir.
Le "Train bleu" de Tito a quitté, pour la première fois depuis 24 ans, la principale gare de Belgrade en direction de la station balnéaire de Vrnjacka Banja dans le centre du pays avec 140 voyageurs à bord.
Déguisé en Tito, l’acteur Srdjan Jovadanovic a donné le départ tandis qu’un groupe d’enfants en costumes traditionnels lui ont offert des roses rouges et des oeillets, les fleurs préférées du "camarade Tito".
Le train n’a été utilisé qu’en deux occasions depuis la mort du leader communiste en 1980, à chaque fois pour transporter des officiels étrangers en visite en Serbie, a indiqué un représentant de l’agence "Zel turist", organisatrice du voyage du nouvel an.
"Ce train a toujours suscité l’admiration et c’est pourquoi nous avons décidé de l’utiliser à des fins commerciales", a expliqué Vlada Bulatovic des chemins de fer serbes.
Considéré comme l’un des plus luxueux trains du monde lors de sa construction en 1947, le "Train bleu" a conservé sa décoration d’origine et ses luxueux accessoires.
Pour les besoins du voyage du nouvel an les couchettes ont toutefois été transformées en spacieux compartiments, décorés de tableaux de maître, de lampes "art-déco" et de tapis précieux.
"C’est une chance pour tous les nostalgiques. Ce train est un symbole de notre passé et rappelle comment on vivait à l’époque", a dit Janja Baric, une passagère nostalgique.
Pendant ses 40 ans de pouvoir, Tito a couvert dans ce train quelque 600.000 km et y a reçu plus de 60 leaders du monde entier parmi lesquels, Yasser Arafat, le leader soviétique Léonide Brejnev et le Premier-ministre indien Jawaharlal Nehru.
A la mort de Tito en mai 1980, le train a conduit son cercueil dans toute la Yougoslavie, attendu, le long des voies ferrées et dans chaque gare, par des foules en deuil.
Chef de la résistance contre les nazis, Tito avait réussi en s’opposant à Staline après la fin de la deuxième guerre mondiale, à conserver une certaine indépendance. Sa mort a marqué le début du démembrement de la Yougoslavie qui s’est disloquée dans les années 90 après plusieurs conflits sanglants.