La SNCF entend renouer avec les profits en 2005

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L’entreprise veut supprimer 3 590 emplois. Les syndicats appellent à la grève.

"Le projet de budget 2005 de la SNCF ne répond pas aux besoins de service public des usagers ni aux attentes sociales des cheminots." C’est par cette phrase sans appel que la Fédération des cheminots CGT a critiqué le document d’une soixantaine de pages qu’ont reçu l’ensemble des organisations syndicales en préparation du comité central d’entreprise du 11 janvier et du conseil d’administration du 19 janvier.

La CGT, le FGAAC, l’UNSA et FO ont d’ailleurs confirmé lundi 3 janvier leur appel à un mouvement de grève nationale de 24 heures le 19 janvier. Les quatre syndicats avaient appelé dès décembre à l’action contre un budget dont ils pressentaient "l’austérité".

La CGT appelle ainsi à une "riposte massive des cheminots pour s’opposer aux objectifs d’affaiblissement du service public". SUD Rail, deuxième syndicat, évoque de son côté la possibilité d’une grève "pas seulement limitée à 24 heures".

Hausse limitée des charges

Selon ce projet de budget, la SNCF prévoit d’afficher en 2005 un résultat net courant de 113 millions d’euros après une perte de 91 millions d’euros en 2004. Pour y parvenir, l’entreprise ferroviaire mettra à nouveau l’accent sur les produits d’exploitation qui, selon les prévisions, progressent de 2,8 % (dont 2,1 % pour les produits du trafic). Sur ce dernier point, la SNCF prévoit une hausse de 2,9 % du nombre de voyageurs et une baisse de 0,8 % du trafic fret.

La hausse des charges devrait en revanche être limitée : 1,3 % pour l’année en dépit d’une progression des coûts de l’énergie (94 millions d’euros) et de celles des péages (35 millions d’euros). Le projet Talent, mis en place pour la troisième année consécutive pour réduire le montant des achats de l’entreprise, devrait permettre d’économiser 82 millions d’euros en 2005. Grâce à lui, la SNCF avait déjà fait respectivement 62 millions et 74 millions d’euros d’économie en 2003 et 2004.

Cependant, ces politiques ne seront pas suffisantes pour renouer avec les bénéfices. Ainsi, le projet prévoit notamment de réduire les effectifs de 3 590 emplois, sur quelque 168 300 postes, sans licenciement, soit une "baisse de l’effectif moyen annuel de - 2 %", explique la SNCF. Ce projet confirme les craintes qu’avaient les organisations syndicales. Selon Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots (majoritaire), le nombre de suppressions d’emplois prévu par l’entreprise est en deçà de la réalité.

"Ce sont en fait 3 990 emplois qui vont disparaître cette année dans la maison mère SNCF : dans son projet de budget, la SNCF calcule la soi-disant venue de 400 personnes supplémentaires dans les filiales, ce qui n’est pas encore fait. Donc au total, le chiffre est plus élevé que ce qui est affiché", proteste-t-il.

"De septembre 2002 à septembre 2005, ce sont au total 11 765 emplois qui auront disparu", ajoute M. Le Reste. Selon la SNCF, le budget 2004 prévoyait 3 505 suppressions de postes. Au 31 décembre 2004, l’effectif a été en fait ramené à 168 300, soit 3 374 suppressions d’emplois effectives.

De son côté, la CFDT a déclenché une procédure d’alarme sociale, en attendant de faire savoir si elle appelle à la grève. La CFTC s’interroge elle aussi.


Les billets de TGV pourraient augmenter fin janvier

La SNCF envisage, dans ses prévisions budgétaires pour 2005, une hausse "modérée" des prix des billets de TGV, notamment en période de pointe, à la fin de janvier, dans le cadre d’un élargissement accru de sa gamme de tarifs. "Parallèlement à la série de mesures en faveur des prix préférentiels (...) les autres prix seront rehaussés au 30 janvier afin d’élargir la gamme" tarifaire, selon une annexe du projet de budget 2005 de la SNCF. "Modérée, cette hausse concernera pour les TGV essentiellement les trains de pointe", indique le document.

Cette augmentation de tarifs serait pour le TGV "du même ordre de grandeur que l’ajustement tarifaire décidé et mis en place en 2004, soit des variations des prix plein tarif s’étalant de 50 centimes à 3 euros en seconde classe", selon cette annexe sur l’évolution de la tarification.

La hausse des tarifs est en projet mais "n’est pas encore réalisée. Le gouvernement a son mot à dire. Elle pourrait être décidée lors du conseil d’administration de la SNCF le 19 janvier", a expliqué Eric Falempin, secrétaire général de FO-Cheminots. (AFP.)



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