Damilot : « Eurocap Rail est enterré »

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Le projet Eurocap Rail est enterré. Malgré les propos réjouis du gouvernement wallon annonçant, le 10 décembre, que la ligne Eurocap Rail, devant relier Bruxelles à Strasbourg en passant par Luxembourg allait prochainement connaître un début de réalisation, José Damilot, le syndicaliste wallon de la CGSP, estime que le projet ne risque pas de voir le jour avant 2012, au plus tôt. Tout ce qu’on va faire, c’est entretenir la vieille ligne de Bruxelles-Luxembourg, qui en a de toute façon besoin. On fait passer cela pour « le grand projet Eurocap Rail », mais on trompe les gens. Les Flamands ont de très grands projets ferroviaires, comme le port de Zeebrugge, ou le Liefkenshoek tunnel à Anvers. Ces projets, qui intéressent le secteur privé, vont voir le jour. Tandis que le seul projet wallon d’infrastructures ferroviaire, Eurocap Rail est reporté aux calendes grecques. Le projet Eurocap Rail, qui résulte de discussions entre les gouvernements belge et luxembourgeois, prévoit de mettre Bruxelles à une heure et demie de Luxembourg (contre 2 h 17 actuellement) et à 3 heures de Strasbourg, (contre 4 h 33, actuellement). Pour arriver à ce résultat, la SNCB doit construire une troisième voie entre Ottignies et Namur et permettre sur ce tronçon des vitesses de 200 kilomètres à l’heure, contre 160 actuellement. La compagnie ferroviaire doit aussi assurer sur les tronçons Namur-Ciney et Libramont-Arlon une vitesse comprise entre 160 et 200 km/h contre 140 à 160 km/h actuellement. Mais l’aspect le plus important du projet concerne la construction d’une nouvelle ligne à grande vitesse, longue de 44 kilomètres, entre Ciney et Libramont. Selon José Damilot, les ambitions de ce grand projet sont réduites chaque année. Dans le plan d’investissement de la SNCB, portant sur les années 2001-2012, une dotation fédérale de 366 millions était prévue pour une partie des travaux, entre Bruxelles et Luxembourg. Ces travaux permettaient un gain de temps de dix minutes. Mais en 2003, l’Etat s’est rendu compte qu’il ne pourrait financer ces travaux et la priorité a été donnée à la rénovation des gares de Mons et Charleroi. Des fonds ont bien été prévus pour la ligne Bruxelles-Luxembourg, mais ces fonds concernent la rénovation des gares de Jemelle et Ciney, qu’Eurocap Rail doit contourner. Bref, on n’est nulle part, dit José Damilot. Le syndicaliste reconnaît que le gouvernement a prévu un appel au secteur privé pour financer le projet mais il estime que cet appel restera sans réponse car les perspectives de rentabilité d’Eurocap Rail sont limitées, contrairement aux projets flamands de Zeebrugge et du Liefkenshoektunnel. Contactée, la SNCB indique que des investissements sont actuellement réalisés sur la ligne Bruxelles-Luxembourg. Il y a non seulement des travaux d’entretien, d’un montant limité, mais aussi des travaux d’extension de capacité, qui doivent permettre d’augmenter la vitesse, dit le porte-parole des Chemins de fer. André Walgraff, le chef de cabinet du ministre wallon des Transports, André Antoine (CDH), refuse d’admettre que le projet est enterré. Ce projet comporte deux phases, dit-il. La première phase prévoit des travaux d’entretien et d’extension de capacité de 366 millions d’euros. Elle est en cours. Contrairement à ce qu’on vous affirme, les travaux s’insèrent bel et bien dans le projet Eurocap Rail, affirme-t-il. Concernant la nouvelle ligne à grande vitesse, le groupe de travail poursuit ses travaux, qui concernent notamment les perspectives de rentabilité de la ligne. Pour le cabinet, il n’y aura pas de difficulté à trouver des partenaires privés. Nous préparons un montage qui fera en sorte que le partenaire ne coure aucun risque financier. Les critiques de José Damilot font suite aux inquiétudes du gouverneur de la province du Luxembourg, Bernard Caprasse, qui s’interroge aussi sur la pérennité du projet. Elles s’ajoutent également aux nombreux signes tangibles d’un rail à deux vitesses, en Belgique, perceptibles notamment à l’état des infrastructures.



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