A peine le Port de Bruxelles s’est-il remis de sa (courte) paralysie, à la suite de l’effondrement du Pont Brûlé à Grimbergen, qu’il envisage d’étendre ses activités. La secrétaire d’Etat Brigitte Grouwels, qui a la tutelle du Port dans ses attributions, vient d’obtenir une enveloppe d’un million d’euros du gouvernement régional en vue de créer une ligne ferroviaire directe entre le terminal à conteneurs et la gare de formation de Schaerbeek. Depuis cet été, le Port de Bruxelles a remis en service son terminal à conteneurs, situé avenue de Vilvorde, sur la rive droite du canal. Les relations avec Anvers et Rotterdam sont prometteuses, explique Charles Huygens, le directeur du Port. Quatre navettes par semaine, ravitaillées par camions, remontent le canal et acheminent les conteneurs à bon port. A terme, quelque 12.000 conteneurs par an doivent être transportés par la voie d’eau. Mais on peut faire encore beaucoup mieux si l’on achemine les conteneurs vers le port via le rail. Quid du mode ferroviaire entre le Port de Bruxelles et la gare de formation ? L’actuelle liaison, en forme de « Z », est notoirement obsolète, beaucoup trop longue et de ce fait rarement utilisée. Elle ne satisfait ni la SNCB ni le Port. Pourtant, le système trimodal eau - rail - route reste prometteur. Exploité de façon intensive, le rail peut se révéler parfaitement concurrentiel avec la route. Il est aussi nettement moins polluant. La solution ? La SNCB (surendettée et incapable de financer elle-même de nouveaux investissements) et la Région bruxelloise se sont entendues pour permettre la modernisation du réseau, quitte à faire appel ensuite au privé pour gérer de façon optimale la nouvelle liaison ferroviaire, longue de 1 kilomètre environ. Le projet est estimée à 5 millions d’euros, dit-on au cabinet de Brigitte Grouwels. Celui-ci se fera en partenariat avec le privé. La Région participera à peu près pour 1 million d’euros. A cet effet, une première tranche de 190.000 euros a été prévue pour le budget 2005. Pour aller plus vite, le gouvernement bruxellois demande à la SNCB de lancer dès maintenant la procédure d’obtention des permis d’urbanisme. En principe, la nouvelle ligne ne devrait pas traverser de zones habitées, précise-t-on chez Brigitte Grouwels. La liaison pourrait être mise en service en 2006. En plus des effets respectueux sur l’environnement, nous espérons attirer de nouvelles entreprises et stimuler l’emploi dans la zone portuaire, ajoute la secrétaire d’Etat CD&V.