La direction de la SNCF tente de répondre à la mobilisation des cheminots

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Les cheminots ont massivement répondu, mercredi 19 janvier, à l’appel à la grève lancé par sept syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, Unsa, FGAAC et SUD-Rail) pour protester contre le projet de budget 2005 de la SNCF. Ce mouvement a pris fin jeudi à 8 heures, mais quelques difficultés subsistaient en début de matinée sur les réseaux TER des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Limousin, où SUD-Rail a appelé à la reconduction du mouvement.

Des perturbations "plus légères" étaient également signalées en Ile-de-France sur les RER C et D. Mais plus généralement et en dépit du préavis de grève "illimitée" déposé par le deuxième syndicat cheminot SUD-Rail, la direction prévoyait une situation normale sur le reste du réseau.

Les organisations syndicales peuvent se féliciter : la mobilisation a été importante, 36,9 % de grévistes selon la direction et 39 % selon la CGT, soit l’un des plus forts taux de participation de ces dernières années. Par ailleurs, elles ont obtenu 300 embauches supplémentaires, ramenant ainsi les suppressions de postes, en 2005, de 3 590 à 3 290 postes.

Les syndicats ont également obtenu l’ouverture "courant février" d’une table ronde sur les salaires. Celle-ci intervient alors que les cheminots avaient reçu 1,8 % d’augmentation en 2004 après une année "blanche" en 2003.

Si Didier Le Reste, secrétaire générale de la fédération CGT cheminots, voit dans les mesures annoncées des "premières réponses à mettre au crédit de la mobilisation", Louis Gallois, président de la SNCF, dissocie fermement les deux événements et n’admet pas "avoir lâché du lest".

300 embauches

S’exprimant jeudi matin sur France 2, M. Gallois a donné des précisions sur l’annonce des 300 embauches pour la ligne Transilienne. Il a rappelé les "difficultés qui existent sur certaines lignes du réseau d’Ile-de-France" et le "mécontentement des usagers relayés par les élus". Le président de la société a précisé avoir proposé à l’ensemble des partenaires du réseau (région, Syndicat des transports d’Ile-de-France et Réseau ferré de France) de se mettre autour d’une table pour élaborer "un plan de reconquête de régularité de ce réseau". Dans ce but, il dit mettre "au pot tout de suite ces 300 emplois pour aller dans le sens d’un meilleur service".

Premier mouvement national d’ampleur depuis la signature en octobre 2004 de l’accord de prévention des conflits dans l’entreprise (Le Monde du 29 octobre), cette grève a par ailleurs relancé le débat sur le service minimum. Mardi, le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, se demandait ce qu’il en était des promesses du chef de l’Etat.

Le secrétaire d’Etat aux transports, François Goulard, lui a répondu qu’"aujourd’hui, la question ça n’-était- pas la loi", mais "le dialogue social" car " rien ne garantit qu’une loi" assurerait "un service minimum dans les faits". Une analyse que partage M. Gallois.

De son côté, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, dans un entretien jeudi au Parisien réclame "une loi sur l’organisation d’un service minimum dans les transports" avant la fin de la législature 2007. Pour Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, après la signature sur la prévention des conflits, "le système fonctionne" en matière de prévisibilité et d’engagement de service : "Les progrès sont réels, mais il faut laisser la discussion se poursuivre."



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