Immuniser trams et bus contre le trafic

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Joute verbale entre le ministre Pascal Smet (SP.A) et le député bruxellois Jacques Simonet (MR). 9,3 millions d’euros investis annuellement.

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Aujourd’hui, 63 % des 128,3 km du réseau tram sont protégés par des sites propres Mais seulement 9 % des axes du réseau bus !

Pascal Smet (SP.A), le ministre de la Mobilité, et Jacques Simonet (MR), ex-ministre-président aujourd’hui renvoyé sur les bancs de l’opposition au parlement bruxellois, n’ont visiblement pas la même conception de ce que devrait être la politique stratégique de la Stib. On a encore pu s’en rendre compte, la semaine dernière, en commission des infrastructures.

Jacques Simonet s’en est notamment pris aux travaux effectués aux quatre coins de la Région visant à améliorer la sacro-sainte vitesse commerciale des véhicules de surface. Le député bruxellois s’est interrogé sur l’opportunité de ces travaux et sur les coûts engendrés par ceux-ci. Alors qu’ils ne concernent finalement qu’une faible majorité des déplacements des clients de la Stib, qui continuent à préférer le réseau métro.

En 2003, le métro a effectivement transporté 102 millions de voyageurs ; le tram, 63 millions, et le bus, 54 millions. Des données statistiques qui justifient, selon Jacques Simonet, le choix, pris à l’époque par le ministre libéral Hervé Hasquin, de prolonger la ligne de métro vers Erasme. Le député bruxellois a donc demandé au ministre des informations sur le rapport coût/efficacité des travaux Vicom, en regard des coûts que représente l’extension des lignes de métro.

La réalisation d’un réseau de métro et les frais de fonctionnement qu’il engendre sont en moyenne 10 fois plus onéreux que la réalisation et l’exploitation d’une ligne de tramways, lui a répliqué Pascal Smet. C’est pourquoi la Région a décidé de finaliser les investissements entamés (métro vers Erasme, bouclage de la ligne 2) avant de se lancer dans une nouvelle politique d’investissements lourds. Et, parallèlement, de mettre tout en oeuvre pour améliorer le réseau de surface.

Et le ministre de citer des chiffres. Les moyens engagés annuellement en faveur des programmes Vicom sont de l’ordre de 9,3 millions d’euros. Partant du principe que cette moyenne a été respectée depuis que la Région existe, on peut considérer que quelque 139 millions d’euros ont été investis dans l’aménagement du réseau de surface qui compte 476 km d’axes, soit un montant moyen de 293 000 euros par km de réseau. Sachant que la réalisation d’un kilomètre de métro coûte au minimum 25 millions d’euros, vous aurez compris la différence d’échelle d’investissement.

Pascal Smet a également rappelé que l’actuel contrat de gestion de la Stib a prévu la réalisation contractuelle de 49 km de nouveaux sites propres. A ce jour, l’objectif est atteint à 80 % en termes d’engagement budgétaire, a-t-il ajouté. D’ici fin 2005, 63 % des 128,3 km du réseau tram seront protégés (y compris les tunnels) et 9 % des 348,8 km du réseau bus. L’objectif final étant d’immuniser l’ensemble du réseau, cela vous donne une idée de l’ampleur des travaux encore à réaliser.

Jacques Simonet a reconnu que le métro n’était sans doute pas la panacée et que, sans le programme Vicom, la situation serait sans doute encore plus alarmante. Reste que les effets sont limités. Il aurait fallu poursuivre la logique jusqu’au bout : prévoir des sites propres infranchissables et une présence policière pour les faire respecter. Des mesures extrêmes qui, pour le député bruxellois, ne peuvent se prendre sans une concertation plus grande entre Stib, Région et communes, avant la délivrance des permis d’urbanisme.



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