Invité jeudi à visiter la future gare ferroviaire de Liège-Guillemins qu’il juge monumentale, mais dont il salue la beauté (sur maquette en attendant la fin de l’ouvrage, lire ci-contre), le ministre des Entreprises publiques, Johan Vande Lanotte (SP.A) a néanmoins répondu à quelques questions de notre part sur d’autres dossiers de la SNCB. A propos du nouveau plan — en préparation — de l’entreprise ferroviaire et baptisé « New Passengers », il s’est voulu clair et précis. « On est en train de dire en Wallonie qu’il y a un plan « New Passengers » qui pourrait avoir des conséquences pour des lignes ou des gares au sud du pays, mais c’est faux. Il n’y a pas de plan « New Passengers », et actuellement, il ne s’agit que d’une étude, rien de plus », dit Johan Vande Lanotte.
Le projet « New Passengers », réalisé avec l’aide du consultant Bain & Company est actuellement en phase de finalisation pour une application en 2006. D’après les auteurs, la « SNCB n’a pas pour objectif de maximiser un profit, mais elle veut atteindre un équilibre entre ses coûts et ses recettes ». Mais le texte parle de marchés, de rentabilité, de compétitivité et de réduction de coûts. Et, en filigrane, on décèle la volonté de l’entreprise ferroviaire de privilégier à l’avenir les lignes rentables et où il existe un potentiel de voyageurs au détriment des liaisons en panne.
Pour le ministre de tutelle des Entreprises publiques, l’objectif d’augmentation du nombre de navetteurs de 25pc à l’horizon 2007 peut être atteint sans le projet « New Passagers ». A en croire le vice-Premier ministre Vande Lanotte, les objectifs de la SNCB doivent également contribuer à une bonne mobilité sur le territoire belge. « C’est un choix politique. Actuellement, seules 5 ou 6 lignes ferroviaires internes et une ligne TGV (vers Bruxelles) sont rentables. Mais nous avons opté pour la mobilité dans un but environnemental et social pour que les gens puissent se déplacer », dit-il.
Johan Vande Lanotte vient d’ailleurs de confier à la SNCB la mission de lancer une étude (à réaliser par un cabinet international) pour déterminer si du matériel léger et moins cher (trams ou métros) peut circuler en toute sécurité sur le réseau existant de la SNCB. Cela pourrait alléger l’enveloppe consacrée au matériel roulant du RER. Concernant ce dernier, 5 firmes dont Bombardier ont rentré des offres pour 8 projets de voitures.
0La gare au coeur d’un réseau0
Après la visite du chantier, le ministre Vande Lanotte n’a pu s’empêcher de pousser un soupir admiratif devant la photo de la maquette. « C’est monumental, mais une fois la gare finie, tout le monde l’admirera et on dira, dans 50 ans, que c’est un bel ouvrage. L’investissement peut paraître énorme, mais il s’étend sur 6 ou 7 ans. C’est un projet qu’on ne fait pas chaque année, on a choisi d’investir dans des gares entre autres à Liège et à Anvers, car elles sont au coeur de lignes internationales et participent à la bonne image de la Belgique à l’étranger », dit-il. Le projet à Liège (modernisation ferroviaire, gare) coûtera 320 millions d’euros (743 millions pour la gare d’Anvers). Dessinée par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, la gare liégeoise allie prouesse technologique et beauté esthétique. « Quand les chantiers à grande vitesse seront finis, une quinzaine de villes en Europe seront reliées par des lignes TGV et nous serons au coeur d’un marché potentiel de 60 millions d’habitants en terme de mobilité. Liège sera à 40 mn de Bruxelles-Midi (Thalys), 2 h 06 de Paris, 2 h 15 de Francfort (ICE) et à 2 h 55 de Londres (Eurostar, Thalys) », a dit Vincent Bourlard, patron d’Euro Liège TGV, filiale de la SNCB chargée de la construction.