A la SNCF, les colères vont bon train

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Quatrième grève de l’année pour les cheminots, pas seulement inquiets pour leurs salaires.

Le nouveau Premier ministre, Dominique de Villepin, prévoit « cent jours pour redonner la confiance aux Français ». Pas de bol, son premier jour pourrait être marqué par une pagaille ferroviaire. Quatre organisations cheminotes appellent aujourd’hui à la grève (CGT, Sud-rail, FO et la CFE-CGC), armées d’une impressionnante ribambelle de revendications.

Embauches. Dans le panier du cheminot mécontent, on trouve ainsi : la mise en place du service garanti (en juin en Alsace et en Ile-de-France), la circulation du premier train privé sur le réseau national en Alsace (le 30 mai), la libéralisation européenne du secteur ferroviaire, la restructuration de l’activité fret de l’entreprise, et les questions, sans doute les plus sensibles, de l’emploi et des salaires. Le budget 2005 prévoyait 3 590 suppressions de poste. Lundi, lors d’une ultime tentative de déminage du conflit, Louis Gallois, patron de l’entreprise, a annoncé 500 embauches supplémentaires ­ 300 garanties plus 200 éventuelles ­, lesquelles « ne changent rien », selon Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT. Les comptes n’y sont pas non plus au niveau salarial. Alors que l’entreprise a renoué avec les bénéfices, les syndicats veulent que la base ait aussi sa part du gâteau. Après s’être engagée à une hausse de 1 % sur l’année, la direction avait fait savoir qu’elle irait au-delà. Elle réfléchirait à la mise en place d’une prime ponctuelle (qui pourrait avoisiner les 150 euros) liée aux bénéfices de l’entreprise, qui s’ajouterait à une augmentation salariale générale un poil supérieure à 1 %. Cela sera discuté lors des négociations prévues jusqu’à début juillet.

Perturbations. Aujourd’hui, l’entreprise a prévu des perturbations importantes, avec seulement 60 % des TGV en service, 35 % des Corail sur le réseau national et de 25 à 50 % des trains sur les lignes de banlieue parisienne. Pourtant, à la SNCF, la multiplication des colères n’est pas forcément synonyme de grosse mobilisation. « C’est simple, parmi les revendications, il ne manque que les retraites. Et on ne peut être sûr qu’un message aussi brouillé soit fédérateur, d’autant qu’il y a déjà eu trois grèves cette année », redoute un syndicaliste, qui ne préjuge pas non plus de l’effet d’entraînement post-référendaire : « Difficile de savoir si la concomitance de la nomination du nouveau gouvernement et le choc du non vont pousser à la mobilisation. »



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