Le conseil d’administration du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), vendredi 17 juin, n’a pas permis de dégager des perspectives claires sur les conditions financières du transfert au 1er juillet de l’Etat à la région de la politique des transports publics.
Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France, a déclaré, à l’issue de la réunion, "sa stupéfaction face à l’Etat qui, à 17 jours du transfert, n’était pas encore capable d’afficher le montant de la dotation financière".
En effet, hormis les 529 millions d’euros qui correspondent à la compensation de base du transfert, aucune dotation supplémentaire n’a été avancée. Celle-ci, qui doit être arbitrée par le premier ministre, serait comprise entre 100 et 150 millions d’euros, alors que l’exécutif régional réclame une dotation annuelle de 200 millions d’euros pour la rénovation du matériel roulant de la seule SNCF. La vétusté de ce matériel serait responsable de "83 % des perturbations du trafic", selon Remy Abgrall, secrétaire de SUD-Rail.
Le dernier conseil d’administration du STIF sous la responsabilité de l’Etat portait sur le vote des avenants aux contrats 2004-2007 de la RATP et de la SNCF sur le service garanti. Ce dispositif qui doit assurer les jours de grève un trafic de 50 % pour la RATP et de 33 % pour la SNCF, a été sans surprise adopté. L’Etat, majoritaire jusqu’au 1er juillet dans ce conseil, ainsi que les élus de droite, ont voté pour et l’ensemble des élus de gauche contre. M. Huchon a affirmé qu’il remettra ce service garanti en question lorsque la gestion des transports publics lui sera transférée.
Désormais, le non respect de cet engagement entraînera des pénalités pouvant aller jusqu’à 780 000 euros par jour pour la RATP et 291 000 euros pour la SNCF. "Ces avenants sont une manière détournée et insidieuse de remise en cause du droit de grève" , a déclaré Didier Le Reste, secrétaire général de CGT à la SNCF. La CGT craint que cette mesure francilienne ne serve "de laboratoire pour les autres régions de France".