Dominique Perben, ministre des transports, et son homologue espagnole, Magdalena Alvarez Arza, ont assisté mardi 19 juillet depuis La Jonquera l’entrée espagnole du tunnel aux premières avancées du tunnelier.
Long de 8,3 kilomètres, ce tunnel forme le principal ouvrage d’art de la ligne ferroviaire de 44,4 km qui reliera Perpignan à la ville de Figueras, en Catalogne, et dont la mise en service est annoncée pour le 17 février 2009.
Il est constitué de deux tubes et "doté des meilleurs dispositifs de sécurité", a indiqué le ministre français. De plus, la circulation des trains se fera par le nouveau système de signalisation ferroviaire européen, l’European Rail Traffic Management System (ERTMS) utilisé, dès 2007, sur la ligne nouvelle du TGV Paris-Strasbourg.
Le tunnel représente à lui seul 305 millions d’euros, et le coût total du projet est évalué à 1,09 milliard d’euros. Cette ligne ferroviaire est "un nouveau trait d’union entre nos deux pays qui se concrétise enfin après de nombreuses années de préparation", a expliqué M. Perben.
En 1995, les gouvernements français et espagnol avaient décidé, avec la ratification d’un traité international, de réaliser la totalité de la ligne ferroviaire sous la forme d’une concession, dont l’objet était de concevoir, de construire, d’exploiter et d’entretenir l’infrastructure.
Le 17 février 2004, cette concession a été attribuée à un consortium hispano-français, TP Ferro, constitué du premier groupe de bâtiment et travaux publics (BTP) espagnol ACS-Dragados et du français Eiffage. Une première en France puisque c’est un groupe privé et non le gestionnaire des infrastructures, Réseau ferré de France (RFF), qui est en charge de cette réalisation.
"La ligne Perpignan-Figueras est exemplaire, elle constitue un modèle en matière de partenariat entre le public et le privé", a indiqué M. Perben. La société TP Ferro recevra une contribution publique de 540 millions d’euros, partagée entre les deux pays et l’Union européenne. "L’autofinancement dépasse 40 %, ce qui est remarquable pour un projet ferroviaire et transfrontalier", a-t-il ajouté.
Autre originalité, cette liaison est également la première à avoir bénéficié de l’action de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF), en recevant 30 millions d’euros. En 2054, au terme de la concession de cinquante ans, les deux Etats reprendront la gestion de l’infrastructure.
La ligne Perpignan-Figueras, où les trains rouleront à 300 km/h, voire 350 km/h, fait partie des 14 projets prioritaires du réseau transeuropéen des transports. Elle assurera le trafic fret et passagers. Les prévisions tablent, dès l’ouverture de la liaison, sur un trafic annuel de 2,9 millions de voyageurs.
Cette ligne entre Perpignan et Figueras permettra, dès 2009, d’importants gains de temps. Perpignan ne sera plus qu’à 50 minutes de Barcelone, contre 2 h 45 aujourd’hui, et à 3 h 50 de Madrid et non plus 10 heures. Et Paris sera à 5 h 35 de Barcelone au lieu de 9 h 35.
"Il serait absurde que cette nouvelle ligne à grande vitesse soit pénalisée par un tronçon de ligne classique de 150 km entre Perpignan et Montpellier", a rappelé, à cette occasion, Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des transports et vice-président de la région Languedoc-Roussillon. Cette dernière se dit prête à contribuer à hauteur de 180 millions d’euros au projet dont le coût total est évalué à 1,05 milliard d’euros conduit par RFF et destiné à contourner Nîmes et Montpellier, si ces travaux constituent le premier tronçon d’une ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan.
M. Gayssot a précisé que les déclarations de M. Perben affirmant avoir bien entendu les points de vue de la Catalogne et du Languedoc-Roussillon pour l’intégration de ce tronçon dans la ligne à grande vitesse marquent "un premier pas vers cette démarche".
En septembre, Christian de Fenoyl, ingénieur général des Ponts et Chaussées, en charge de la commission sur les modalités de financement de ce projet, rendra ses conclusions au ministre des transports.