À KARLSRUHE
Le ministre des Entreprises publiques, Johan Vande Lanotte (SP.A) ; les ministres régionaux Pascal Smet (SP.A, Bruxelles) et Kathleen Van Brempt (SP.A, Flandre) ainsi que l’administrateur délégué (Jannie Haek) et le président (Jean-Claude Fontinoy) du holding se sont rendus lundi à Karlsruhe (sud-ouest de l’Allemagne) pour y découvrir le concept de train-tram. Des représentants du ministre wallon des Transports André Antoine (CDH), de l’opérateur SNCB et d’Infrabel participaient aussi à la visite. Après avoir écouté attentivement les explications des autorités de la Ville et des représentants des deux sociétés d’exploitation du réseau et testé une des rames, les commentaires sont plus que favorables à un tel projet en Belgique. « Ce n’est pas une solution miracle, mais je constate simplement que malgré les problèmes de sécurité soulevés et rencontrés à Karlsruhe, le projet y est une réalité et ça marche. Pourquoi ce ne serait pas possible chez nous ? L’investissement n’est pas si cher que ça, il faut d’abord commencer par un projet et régler les problèmes qui se poseront », dit Johan Vande Lanotte. « C’est un projet intéressant, il ne faut pas le copier tel quel sur notre réseau, mais je suis favorable à une telle initiative chez nous. Il faut voir les conditions et je crois que beaucoup d’entre elles peuvent être remplies si tout le monde fait preuve d’ouverture et de flexibilité. Je ne veux plus que la SNCB dise non à un projet sans avoir pris la peine de l’étudier », renchérit Jannie Haek. La SNCB-holding réalise actuellement une étude de faisabilité technique, les conclusions sont attendues pour 31 décembre au plus tard.
Les Régions sont emballées par le concept. Mais en Wallonie, on craint qu’il ne débouche sur une régionalisation larvée. Bruxelles redoute de devoir supporter des charges en lieu et place de la SNCB. Pour le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet, les lignes de train 26 (qui traverse Bruxelles de part en part à l’est) et 28 (au nord de la capitale) pourraient chacune servir de projet pilote. « La Stib a déjà intégré ce projet dans sa vision à l’horizon 2020 et ce voyage montre l’ouverture de la SNCB sur le sujet. Nous avons l’avantage à Bruxelles que la distance entre les rails est la même que celle des trains, ce n’est pas le cas en Flandre », soutient-il.
Le concept train-tram à Karlsruhe a de quoi séduire. Depuis 1992, le centre-ville et la localité de Bretten sont reliés par un train-tram qui utilise successivement le réseau urbain et le réseau ferré des chemins de fer allemands (Deutsche Bahn). Près de 160 millions de passagers empruntent annuellement les trains des deux réseaux. Le réseau train-tram comptent huit lignes et s’étend aujourd’hui sur 515 km (135 km en 1992). L’investissement en 13 ans, s’élève à environ 1,5 milliard d’euros.